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Cette semaine en recherche: Bourse de nouveaux chercheurs à Mme Nadia Mykytczuk

Bourse de nouveaux chercheurs à Mme Nadia Mykytczuk

L’Université Laurentienne est heureuse d’annoncer que Mme Nadia Mykytczuk (Ph.D.), titulaire d’une Chaire de recherche de la SGFPNO en bioprospection, biorémediation et communication scientifique, a reçu 100 000 $ dans le cadre du Programme de Bourses de nouveaux chercheurs, 12e tour, pour mener son projet intitulé Extracting value from environmental liabilities: using microbes to recover metals and reduce impacts from mine waste, projet qui verra développer de nouvelles méthodes de prévenir la libération de contaminants dans les systèmes aquatiques (méthodes innovatrices et efficaces à l’égard des coûts), tout en utilisant des procédés microbiens éconergétiques pour extraire la valeur des déchets solides. Institué par le ministère de l’Innovation de l’Ontario, le Programme de bourses de nouveaux chercheurs vise à accélérer les activités de recherche menées par les éminents chercheurs en début de carrière en Ontario. La bourse de 100 000 $ sera consacrée pour l’essentiel à l’embauche et à la formation du personnel hautement qualifié (PHQ).

Microbiologiste environnementale, Mme Mykytczuk se concentre sur les environnements extrêmes, en particulier la microbiologie minière dans les climats plus froids, et son programme de recherche, de nature multidisciplinaire, la voit appliquer des outils de biologie moléculaire, de microbiologie et de biogéochimie, les applications étant portées notamment sur les technologies de bioprospection et de bioremédiation. Elle a publié plus de 23 articles (H-index : 14) et a formé 38 PHQ au total, depuis le début de ses études de doctorat.

En plus des biotechnologies qu’il avancera, son programme de recherche formera du PHQ afin qu’il puisse développer et optimiser les procédés de lixiviation et d’assainissement en vue des applications dans le secteur minier du nord de l’Ontario et ailleurs au Canada. Ainsi formés et grâce à ces biotechnologies de pointe, ces chercheurs transmettront les connaissances acquises à de nouvelles entreprises de technologies propres qui contribueront à développer l’offre du secteur des services miniers en adéquation avec les besoins du « cycle minier » complet. Ce transfert synergique de savoir et d’expérience profitera aux collectivités locales qui verront alors créer des emplois, améliorer la protection de l’environnement, renforcer le permis social à l’égard du développement de nouvelles mines et réduire les coûts et le passif à l’endroit des sociétés minières, de même que tous les paliers de gouvernement, induits par la prise en charge des mines en exploitation et abandonnées.

Les résultats escomptés du projet de recherche revêtent une importance stratégique pour l’Ontario, et en particulier, le secteur minier. D’autant plus que, à l’échelle du pays, l’industrie minière, qui emploie plus de 300 000 Canadiens et contribue à 3,5 % du PIB du Canada, est un moteur économique important. Cependant, vu le rythme intense auquel les déchets sont produits dans l’extraction et le traitement des minéraux dans tout le Canada - l’Ontario compte à lui seul près de 5 000 sites miniers abandonnés -, le coût d’assainissement et de gestion de ces sites constitue un énorme fardeau environnemental et financier pour les deniers publics, d’où la nécessité absolue de technologies de traitement des déchets miniers. Pour autant qu’elles soient abordables, ces technologies, notamment les contrôles des procédés microbiens pour la bioprospection et la bioremédiation, une fois mis au point, viendront améliorer les opérations et la rentabilité, tout en réduisant les coûts de traitement à long terme relatifs à l’entretien et à la fermeture des sites miniers.

Dans le cadre de ce projet, Mme Mykytczuk prévoit également une série d’activités de sensibilisation auprès des élèves du secondaire, qui entendent préserver l’intérêt « minier » et « environnemental », et des jeunes des collectivités des Premières Nations. Ces deux groupes cibles verront susciter leur intérêt (de quoi aussi les pousser à en savoir plus) en suivant une série de modules de formation traitant des problèmes environnementaux entourant le développement des ressources de l’Ontario. Mme Mykytczuk crée actuellement des modules d’enseignement à partir d’un cours modulaire en ligne intitulé « Environmental Remediation: Global Lessons from the Sudbury Story ». Des modules complémentaires, portant sur de nouveaux domaines d’innovation et de technologies propres, seront mis au point dans le cadre du projet. Cet ensemble éducatif fera partie des ateliers, sous forme de cours, centrés sur l’exploitation minière et l’environnement que proposent plusieurs fois par an la Laurentienne et le programme d’apprentissage de l’École des mines Goodman pour cadres miniers. Ces cours seront également offerts virtuellement, à l’intention des collectivités du Grand Nord, dans le cadre du programme de communication scientifique de la Laurentienne. L’équipe de recherche aidera à développer le matériel éducatif, à mener les ateliers et à engager l’intérêt des jeunes. Le soutien financier accordé aidera à la logistique nécessaire à l’organisation des ateliers et au matériel d’enseignement/formation connexe.

Mme Mykytczuk se félicite de la bourse de nouveaux chercheurs, qui l’aidera à étoffer son équipe de recherche, estimant qu’elle accélérera non seulement ses contributions à l’exploitation minière durable au Canada, mais aussi l’excellence de la formation du PHQ et l’application des expériences dans un secteur de technologies vertes en pleine croissance.