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Cette Semaine en Recherche: La psychologie du sport et les Jeux olympiques de Rio : Robert Schinke

L’objectif principal de cette étude, menée par Robert Schinke (Ph.D.), Kerry McGannon (Ph.D.), Diana Coholic (Ph.D.), chercheurs de l’Université Laurentienne, est de mieux comprendre la richesse de la diversité culturelle qu’incarnent deux équipes de sport de haute performance, les équipes nationales de boxe masculine et féminine du Canada. Cette étude prend en compte les situations sociales entrecroisées (par exemple, la race, l’ethnicité, le statut socioéconomique, la langue, le sexe, l’éducation et la présence physique), de chaque sportif, qui contribuent à l’identité.

Interrogé sur l’importance de ce projet de recherche, M. Schinke, titulaire d’une Chaire de recherche du Canada de niveau 2 sur l’activité physique et sportive multiculturelle, a dit ceci : « En identifiant et en analysant les situations sociales entrecroisées, on arrive à comprendre en profondeur comment et pourquoi les sportifs d’élite s’investissent dans leur équipe, au sein desquelles ils rencontrent la résistance et la neutralisation par rapport à leurs situations sociales, ces équipes étant centralisées et marginalisées, et les conséquences de ce qui précède pour les athlètes sur les plans psychologique, social et comportemental et de la performance. »

 Pour mettre cela en perspective et en pratique, une compréhension approfondie des situations entrecroisées des participants dans les contextes du sport tend à favoriser une meilleure compréhension de l’expérience des participants, des pratiques sportives plus inclusives, des expériences sportives plus saines et de meilleures performances. Financés dans le cadre des Subventions de développement du savoir du CRSH (2014-2017), et aussi de son prédécesseur, les Subventions de développement du savoir du CRSH (2012-2016) portant sur l’acculturation des athlètes d’élite, une grande partie des travaux menés pendant les Jeux panaméricains de 2015 étaient sans aucun doute essentiels aux résultats de l’équipe nationale de boxe du Canada, laquelle a remporté 3 médailles d’or et 3 médailles de bronze.

Quelques éléments clés que ce projet a permis de mettre en évidence se résument comme suit : nous avons découvert certaines des entraves initiales à la participation sportive pour ces athlètes, des nouveaux arrivants qui ne savent pas comment s’assurer des services d’un entraîneur compétent et accéder à un cadre d’entraînement propice. Puis, les problèmes rencontrés au cours du processus de naturalisation ont fait que ces athlètes, laissés pour compte, n’ont pu intégrer l’équipe nationale. De même, une fois dans l’équipe, ils ont eu du mal aussi à se forger une carapace face aux taquineries de leurs pairs à propos de leur accent. En dehors du sport, nos travaux ont permis d’élargir la compréhension du processus critique qu’est l’acculturation en examinant les défis rencontrés par les athlètes dans leurs milieux de vie locale, comme le fait de chercher leur premier ami. Fait remarquable, ils ont eu à se débattre avec des questions de leur identité en tant que Canadiens, incertains devant la question de savoir s’il leur faut s’orienter vers une carrière ou devenir des athlètes à plein temps. Bien que tous les athlètes que nous avons interrogés aient persisté dans le sport, ils ont tous parlé de pairs qui l’ont abandonné. L’élément le plus intéressant dans la prise de cette décision est que tous les nouveaux arrivants croyaient au départ qu’ils devaient exceller dans le sport et une carrière afin d’être acceptés comme Canadiens. Par la suite, ils se sont rendus compte qu’ils devaient faire un choix et que le fait d’exceller dans un aspect de leur vie était suffisant pour affirmer leur valeur aux yeux de leur nouveau pays.

 

Alors que nous sommes sur la ligne droite vers les Jeux olympiques de Rio, trois de ces athlètes sont maintenant classés d’avance. L’objectif est de gagner des médailles olympiques pour le Canada grâce à une meilleure compréhension des besoins des athlètes et de la question de savoir comment leur identité peut contribuer à l’excellence au cours du plus grand événement d’athlétisme de la planète, à savoir les Jeux olympiques.

S’agissant encore des Jeux olympiques de Rio, Robert Schinke a récemment eu la vedette dans un article d’Al-Jazeera commentant la participation de l’équipe de réfugiés, une grande première, à cette édition des Jeux olympiques. Il est cité à plusieurs reprises dans l’article alors qu’il discute de la façon dont les facteurs psychologiques et externes peuvent influer sur ces athlètes, notamment lorsqu’ils compétitionnent sur la scène mondiale. « Compte tenu de leurs circonstances... certains pourraient avoir été exposés à la violence, connu des formes de marginalisation et bénéficié très peu du soutien d’entraîneurs et de ressources. »

Pour lire l’article intégral d’Al-Jazeera, cliquez ici.