Serge Miville

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Chaire de recherche en histoire de l'Ontario français

Profil : http://laurentienne.academia.edu/SergeMiville
Contact : SMMiville@laurentienne.ca 


Objet du programme de recherche

Ce programme cherche à mieux comprendre la relation qu’entretient la communauté franco-ontarienne avec sa propre histoire depuis le dernier siècle et mieux saisir comment elle va se projeter à l’avenir.
 
Importance de la recherche

Cette recherche nous permet de mieux comprendre les mutations identitaires et transformations référentielles de l’Ontario français dans la durée et, ainsi, mieux cerner sa vitalité pour l’avenir.
 
L’Ontario français : entre société et identité 

L’éclatement des identités dans les sociétés occidentales ne fait plus de doute. Complexe, l’individu tantôt se bricole une identité autonome tout en étant fortement influencé par la société qui l’engendre. L’humain cesse ainsi d’être défini strictement par sa famille son village ou sa citoyenneté. En effet, il est un acteur dans la construction et la reconstruction de sa propre identité qui, elle, est en perpétuelle transformation. Ainsi, l’individu est en mesure de mettre de l’avant de nombreux éléments identitaires qu’il choisit, plutôt que d’être imposé par autrui. 
 
Ainsi, l’identité de genre (rejet du binaire, fluidité du genre), sexuelle (LGBTQ2S+), ethnique (identités raciales, autochtonie, immigration), linguistique (francophone, anglophone, allophone), régionale (immigrant, le Nord, Toronto), culturelle (punk, artiste, rocker, écrivain), de classe (bourgeoisie, ouvrier, précariat) et d’autres encore (l’âge, les capacités physiques et intellectuelles, etc.) viennent à complexifier l’expérience humaine en société. Si de nouvelles solidarités se forgent (Fierté/Pride, féminismes, intersectionnalité), les anciennes références (citoyenne, nationale, etc.) semblent plutôt s’affaiblir devant cette « société des identités ». En effet, le fait d’être francophone ne serait plus nécessairement déterminant ou important dans la construction identitaire d’un individu qui privilégie plutôt une appartenance à un autre marqueur. 
 
Face à cet important phénomène universel, nous nous demandons comment l’identité franco-ontarienne réussit à naviguer les bouleversements identitaires dans le temps. Quelle importance prennent l’autonomie référentielle et son historicité (dans le sens sociologique, c’est-à-dire la capacité de faire sa propre histoire) dans le cadre d’une atomisation de la société et la dissolution des anciennes solidarités ? 
 
La question qui englobe nos recherches peut se résumer ainsi : l’Ontario français formerait-il une « société » ou une « minorité nationale », ou s’agit-il plutôt d’une « identité » parmi d’autres ?
 
Autrement dit : les Franco-Ontariens se considèrent-ils toujours, comme ils l’ont fait historiquement, comme participant à une nation canadienne-française, autonome et différente de la majorité anglophone du pays ? Sont-ils un fragment de la mosaïque canadienne ? Errent-ils quelque part entre les deux ? Comment s’articulent l’identité et la référence francophone dans les représentations identitaires des membres de la communauté franco-ontarienne ?

Cette recherche permet d’ailleurs de mieux comprendre l’impact des transformations identitaires sur les minorités nationales et les petites sociétés au Canada et ailleurs dans le monde.