Tournée de consultation de la rectrice

 Résumé et plan d’action - juin 2026

Depuis le début de ma tournée de consultation en avril, j’ai eu le plaisir de rencontrer des dizaines de membres de la population étudiante, du personnel et du corps professoral dans divers contextes. Certains ont souhaité me rencontrer individuellement. J’en ai rencontré d’autres lors de visites dans les unités ou de réunions au sein des facultés. J’ai également organisé des séances pour les groupes d’étudiants, de professeurs et de personnel. Enfin, plus de 150 commentaires ont été recueillis sur le portail de consultation en ligne.

Ce processus a été instructif et révélateur, et ce document résume certains des principaux thèmes abordés et propose des pistes pour l’avenir. Deux points m’ont paru particulièrement clairs au cours de ce processus.

Tout d’abord, la Laurentienne compte de nombreux membres de la population étudiante, du personnel et du corps professoral profondément attachés à cette université, à sa réputation et à sa réussite. Notre corps professoral et notre personnel sont résolument engagés envers nos étudiants et leur expérience d’apprentissage.

Deuxièmement, on m’a souvent rappelé que de nombreuses personnes à la Laurentienne portent encore les stigmates de l’insolvabilité et que ces souvenirs restent vifs. Les membres du personnel et du corps professoral présents en 2021 ont évoqué les séquelles profondes de l’insolvabilité, tant sur le plan financier en raison des sacrifices consentis et des pertes de revenus que sur le plan émotionnel dont les retombées sont empreintes de colère, de souffrance et de traumatisme. Cette situation s’est révélée particulièrement éprouvante pour les membres du corps professoral qui ont le sentiment d’être tenus personnellement responsables et ont exprimé le besoin d’une reconnaissance officielle du caractère infondé de ces accusations.

J’ai souvent entendu dire que l’insolvabilité a également engendré une méfiance généralisée envers la direction et un sentiment de déconnexion entre le corps professoral, le personnel, l’administration et le Conseil. Aucun de ces groupes n’a l’impression que les autres membres de la communauté universitaire connaissent ou apprécient leur travail, et inversement, ils ignorent ce que font les autres et leurs priorités.

L’expérience de l’insolvabilité reste donc une réalité quotidienne pour nombre de nos collègues sur le campus, et nous devons en tenir compte dans nos interactions avec ceux-ci.

D’autres thèmes issus de la consultation sont présentés ci-dessous, classés par groupe de répondants.

 

Résumé de la consultation

Population étudiante

Les étudiants ont évoqué l’impact de la grève sur leur semestre, notamment la diminution des commentaires et suggestions sur leurs travaux et la difficulté à gérer un calendrier condensé d’examens. Certains ont fait part de problèmes spécifiques liés à leur programme comme l’ordre des cours, les difficultés avec le corps professoral, les obstacles à la recherche de stages et les délais de réponse trop longs de la part des services concernés.

Les étudiants ont demandé une plus grande flexibilité dans l’offre de cours, notamment davantage de cours d’été et de cours en ligne. Certains ont suggéré la création de nouveaux programmes comme le retour du baccalauréat en études autochtones ou la création d’une spécialisation en comptabilité en ligne au sein du baccalauréat en administration des affaires.

Les étudiants ont également formulé diverses suggestions pour améliorer la vie sur le campus. Nombre d’entre eux ont évoqué les problèmes touchant les travaux d’entretien différé et ont demandé une offre plus variée et de meilleure qualité en matière de restauration. Certains ont souligné les différences entre les services et les avantages proposés par les différentes associations étudiantes. La réactivité des services a également été un point important : les étudiants ont parfois éprouvé des difficultés à s’y retrouver parmi les nombreux services offerts par l’Université et à obtenir des réponses à leurs questions aussi rapidement qu’ils le souhaitaient.

Personnel

Les commentaires du personnel et du corps professoral présentaient certains points communs, les deux groupes partageant certains aspects de l’expérience de travail. Par exemple, les membres du personnel et du corps professoral ont exprimé leur désir de tisser des liens avec l’Université, la communauté et entre eux. Que ce soit par la collaboration interdisciplinaire ou les échanges sociaux, ils souhaitent renforcer le tissu social de notre campus et bâtir une communauté plus unie à la Laurentienne. Pour le personnel, ce désir se traduit également par une meilleure organisation du travail, avec une volonté de décloisonner les services. Les membres du personnel et du corps professoral ont aussi fait part de leur souhait de voir davantage de leurs travaux et ceux de leurs collègues reconnus et mis en valeur.

Le personnel a demandé une meilleure communication de la part de l’Université. Cela pourrait inclure des mises à jour plus fréquentes sur les projets clés, comme les nouvelles initiatives en santé mentale ou les recommandations du groupe de travail du 27 janvier, ainsi qu’une mise à jour des ressources essentielles comme le répertoire du personnel en ligne. Nombre d’entre eux ont fait part de leurs préoccupations concernant les travaux d’entretien différé ou se sont interrogés sur les exigences relatives à la présence du personnel sur le campus dans un contexte post-pandémique (COVID).

Enfin, le personnel a demandé une amélioration du processus d’intégration du personnel et a souligné l’importance d’un espace sûr dans lequel ils pourraient partager leurs idées, par exemple dans le cadre d’une enquête sur l’engagement du personnel.

Corps professoral

Les membres du corps professoral ont évoqué l’impact persistant de l’insolvabilité et de la récente grève sur leur activité, notamment les inquiétudes concernant la charge élevée de travail et les répercussions de ces événements sur la santé mentale et l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle sont nombreuses. De nombreux professeurs m’ont confié qu’ils consacrent de longues heures au soutien des étudiants, tout en soulignant les difficultés liées à des classes à effectif trop nombreux et à des programmes d’études sous-financés. Cette situation a empêché certains d’entre eux de s’investir pleinement dans leurs travaux de recherche et d’innovation. Les professeurs ont exprimé le souhait d’une réduction de leur charge de travail et d’un plus grand nombre de possibilités de dégrèvement de cours.

Dans le cadre de notre mandat bilingue et triculturel, des professeurs francophones et autochtones ont pris la parole pour parler de l’importance de favoriser des programmes dans ces domaines, du recrutement de professeurs plus qualifiés et de la reconnaissance du fardeau accru de service qui pèse souvent sur ces membres de notre communauté.

Le corps professoral a demandé un renforcement des services, notamment un meilleur soutien en matière de propriété intellectuelle, de droits d’auteur et de brevets, ainsi qu’un soutien audiovisuel pour les personnes donnant des cours en soirée. On a également souligné l’importance d’un soutien administratif au sein des unités et mis en lumière certaines difficultés liées aux changements survenus dans ce domaine à la suite de l’insolvabilité. Enfin, on a évoqué l’importance de la représentation des professeurs votants au sein du Conseil des gouverneurs, ainsi que la visibilité des membres du Conseil dans la communauté universitaire.

Autres

Le sondage s’adressait également aux diplômés et au grand public. Bien que ces commentaires soient importants et précieux, leur nombre était insuffisant pour en dégager des tendances générales. La seule exception a été l’organisation d’une campagne publique visant à inciter l’Université à préserver ses espaces verts sur le campus.

 

Plan d’action

Pour faire suite à ce que j’ai entendu lors de cette tournée de consultation, j’entreprendrai les actions suivantes :

  1. Par l’intermédiaire du vice-recteur principal aux études, j’entamerai une discussion avec les doyens, puis avec le Sénat, afin de voir comment nous pourrions offrir aux étudiants des modalités d’apprentissage plus flexibles, notamment des cours en ligne et des cours d’été. Je souhaite cerner les obstacles actuels et réfléchir aux solutions pour les surmonter.
  2. Par l’entremise du vice-recteur principal aux études, je discuterai avec les doyens concernés de la manière dont nous pourrions relever les défis auxquels nos étudiants sont confrontés en matière de stages, y compris ceux en sciences infirmières et éducation, en tenant compte du contexte plus large.
  3. Je discuterai avec les services administratifs concernés des moyens d’accélérer le traitement des questions des étudiants. Je souhaite notamment examiner les solutions qui pourraient s’inscrire dans le cadre du Programme de transformation.
  4. En collaboration avec les RH, l’Université Laurentienne lancera un nouveau sondage sur l’engagement du personnel afin de faire périodiquement le point avec le personnel et le corps professoral sur la perception de leur emploi et les défis auxquels ils sont confrontés.
  5. Dans le cadre du Programme de transformation, les RH examineront également des moyens d’améliorer l’intégration du personnel. Le vice-recteur principal aux études et le vice-recteur associé au soutien du corps professoral collaboreront avec les doyens pour examiner la même question du côté du corps professoral.
  6. Les services des ressources humaines, de la technologie de l’information et des communications examineront les options permettant de moderniser et de mettre à jour le répertoire du personnel sur le site Web.
  7. L’Université Laurentienne introduira de nouvelles façons de souligner les réalisations du corps professoral et du personnel.
  8. La Laurentienne rétablira les prix de service soulignant les étapes importantes liées à la durée d’emploi, y compris les départs à la retraite.
  9. En collaboration avec le vice-recteur principal aux études et la vice-rectrice à la recherche, j’étudierai comment nous pourrions mieux utiliser et financer les dispositions existantes de la Convention collective qui prévoient un dégrèvement de cours pour les membres du corps professoral qui assument des obligations exceptionnelles en matière de recherche ou de service.
  10. L’Université Laurentienne mènera à bien le processus actuel visant à examiner la mise en place d’un fauteuil de vote réservé au corps professoral au sein du Conseil des gouverneurs.
  11. L’Université Laurentienne mettra en place de nouvelles ressources en ligne pour diffuser de l’information sur les finances et le contexte financier complexe dans lequel elle évolue. Nous communiquerons également périodiquement les changements importants à ce sujet.
  12. En collaboration avec le vice-recteur principal aux études et les doyens, j’entamerai une discussion sur la manière dont la nouvelle structure issue de la LACC a eu un impact sur le soutien administratif dans les unités d’enseignement et les façons dont les préoccupations dans ce domaine pourraient être abordées.
  13. En collaboration avec le Secrétariat de l’Université, j’étudierai des moyens d’accroître la visibilité des membres du Conseil des gouverneurs sur le campus, ainsi que la mienne et celle des vice-recteurs. Dans le premier cas, cela pourrait comprendre des interactions périodiques avec le Sénat et lors d’événements sur le campus. Dans le second cas, cela pourrait inclure des petits-déjeuners périodiques avec la rectrice, ainsi que des visites dans les unités et les conseils de faculté.
  14. Je mettrai sur pied un nouveau comité consultatif de la rectrice sur la culture et le climat du campus, composé de représentants du corps professoral, du personnel et des groupes d’étudiants, qui se réunira périodiquement avec moi et me fera part de ses commentaires sur ce qui fonctionne bien et ce qui doit être amélioré sur le campus.

Cette liste n’est pas exhaustive, mais constitue un point de départ que j’enrichirai au fur et à mesure de notre développement institutionnel. J’envisage d’entamer ces démarches l’an prochain et de rendre compte périodiquement des progrès accomplis à la communauté universitaire. Le cas échéant, je commencerai par approfondir les questions soulevées afin de mieux les comprendre, avant de définir la voie à suivre.

Dans certains cas, les problèmes soulevés sont d’ordre systémique ou culturel à l’Université Laurentienne et remontent bien avant mon arrivée, voire avant l’insolvabilité. Je vous demande de faire preuve de patience, car les progrès devront peut-être être progressifs. Je sollicite également votre collaboration et la reconnaissance mutuelle que l’amélioration de la culture et du climat du campus est une responsabilité collective dans laquelle nous avons tous un rôle à jouer. De plus, les solutions proposées devront être compatibles avec les moyens de l’Université et respecter l’impératif de viabilité financière à long terme.

 

Conclusion

Entre-temps, je vous invite à me faire part de vos commentaires sur le résumé et le plan d’action proposé à président@laurentian.ca.

Cordialement,

Lynn Wells

Rectrice et vice-chancelière