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Cette semaine en recherche: Le lien entre le gaz à odeur d’œufs pourris et l’appétit

Le professeur-chercheur Jeffrey Gagnon de l’Université Laurentienne a fait une découverte intéressante sur le lien entre le gaz à odeur d’œufs pourris (H2S) et l’appétit chez des souris expérimentales. Cette découverte vient d’être publiée dans le numéro d’octobre de Endocrinology (158(10): 3416-3425, 2017) sous le titre Hydrogen Sulfide and Sulfate Prebiotic Stimulates the Secretion of GLP-1 and Improves Glycemia in Male Mice et est le fruit de ses recherches financées par le Programme de subventions à la découverte du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.

L’étude porte sur l’effet d’un gaz microbien, le sulfure d’hydrogène (H2S), sur la régulation de la GLP-1 dans les cellules animales. La GLP-1 est une hormone intestinale qui supprime l’appétit et stabilise la glycémie. M. Gagnon a montré que les donneurs de H2S (hydrogénosulfure de sodium et GYY4137) augmentaient la sécrétion in vitro de la GLP-1 chez les souris. Il a aussi déterminé que ce phénomène emprunte la voie intracellulaire P38 MAPK. Voilà des nouvelles intéressantes, car les mécanismes d’entrée et d’action de H2S dans les cellules ne sont pas encore complètement compris. D’autres recherches sur l’interaction entre H2S et P38 MAPK pourraient apporter des indices vitaux.

L’étude examine aussi le lien entre les niveaux de H2S produits dans le côlon des souris et la sécrétion de GLP-1. L’équipe de M. Gagnon a trouvé que les souris qui suivaient un régime enrichi de sulfate de chondroïtine prébiotique avaient des niveaux élevés de bactérie appelée Desulfovibrio piger (une bactérie réductrice du sulfate) dans leurs fèces et produisaient davantage de H2S, ainsi que de GLP-1 qui a amélioré la réponse à l’insuline, la tolérance au glucose et, au bout d’un certain temps, a réduit l’appétit. D’autres travaux en laboratoire consisteront à voir si les augmentations à long terme de la production de H2S dans le côlon peuvent réduire le poids corporel et renverser le métabolisme défectueux du glucose.

Ces résultats ouvrent plusieurs avenues de recherches, plutôt intéressantes, étant donné que des thérapies fondées sur les hormones intestinales comme la GLP-1 ont récemment été approuvées pour traiter l’obésité et le diabète de type 2.

L’article intégral de M. Gagnon figure à

https://academic.oup.com/endo/article/doi/10.1210/en.2017-00391/4058080/Hydrogen-sulfide-and-sulfate-prebiotic-stimulates