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Cette semaine en recherche:

Renouvellement de la Chaire de recherche du Canada, niveau II, en écologie évolutionniste appliquée de M. Albrecht Schulte-Hostedde, Ph.D.

Éminent chercheur en écologie évolutionniste du comportement, M. Schulte-Hostedde, titulaire de la Chaire de recherche du Canada, niveau II, en écologie évolutionniste appliquée, nous a parlé de son poste et s’est attardé sur ses projets en cours. En sa qualité de titulaire d’une CRC depuis 2011, il a créé le Centre d’écologie évolutionniste et de conservation éthique (CEECE – voir site http://ceeec.ca) de concert avec des collègues en biologie et en philosophie (dont Gillian Crozier, titulaire de la CRC en éthique et valeurs). De plus, il a noué avec le Zoo de Toronto des relations de collaboration qui ont abouti à l’octroi de la subvention CREER du CRSNG, en faveur de ReNewZoo. Ce programme de formation de cycle supérieur regroupe des chercheurs de la Laurentienne et de cinq autres universités canadiennes, ainsi que cinq zoos et aquariums dans tout le Canada à fort coefficient de recherche. Ses sujets prédominants de recherche vont de la sélection sexuelle et des interactions hôte-parasite aux effets des activités humaines sur le stress écologique de la faune en passant par l’écologie évolutionniste des populations captives.

 

1. Quelle est la fonction d’un titulaire d’une chaire de recherche, et comment en êtes-vous arrivé à ce rôle?

Le titulaire d’une Chaire de recherche du Canada est censé mettre l’accent sur le plan de recherche stratégique de l’Université et jouer un rôle prépondérant dans le domaine de la recherche menée sur le campus. Cette double fonction renforcera la réputation de nos programmes et augmentera la productivité de la recherche. La Laurentienne, en particulier, est fortement orientée vers l’environnement et la conservation. Mon travail consiste à mener des travaux de recherche qui feront mieux reconnaître les atouts de l’Université dans ces domaines.

 

2. En quoi les Chaires de recherche du Canada, comme celles qu’a la Laurentienne, aident-elles à renforcer les capacités institutionnelles et l’intensité de la recherche? Pourriez-vous donner des exemples tirés votre propre expérience?

Le CEECE, c’est-à-dire sa création, résulte directement des efforts du titulaire de la Chaire de recherche du Canada. Les ressources allouées, en termes d’argent et de temps (sous la forme de décharge de cours) ont certainement créé un environnement où ce genre de groupe de recherche interdisciplinaire peut prendre corps. Notre succès en matière d’événements, de sensibilisation du public et de subventions de recherche est directement lié au soutien tributaire du programme de CRC.

 

3. Quels sont vos domaines d’expertise et quels travaux de recherche avez-vous menés à ce jour?

Mes travaux de recherche ont commencé alors que je cherchais à répondre à des questions très simples concernant, par exemple, les aspects de la sélection sexuelle chez les mammifères, à quantifier la sélection naturelle à l’état sauvage et à comprendre les interactions hôte/parasite. Tout cela m’a conduit à des questions d’application qui intéressent la conservation et c’est qui a motivé ma nomination au poste de titulaire d’une chaire de recherche. Au fond, il s’agit d’appliquer les principes de l’écologie évolutionniste aux efforts de conservation et aux questions de santé publique. Par exemple, je travaille avec le ministère des Richesses naturelles dans le cadre d’un projet examinant les conséquences de l’évasion de visons des fermes de visons, c’est-à-dire leurs effets sur les populations de visons sauvages. Ce travail est le prolongement d’un partenariat de longue date avec le gouvernement et qui est appuyé par la chaire. Nous examinons également les zoos, en particulier le Zoo de Toronto, et leurs méthodes de conservation et de recherche. Nous travaillons également sur une bactérie zoonotique qui entraîne chez les humains une maladie appelée Fièvre-Q et qui se trouve dans les élevages de chèvres et de moutons. Nous avons découvert cette bactérie dans la faune et cela nous intéresse donc de savoir comment cette bactérie passe de l’environnement naturel à l’environnement agricole. Tous nos travaux de recherche sont menés en étroite collaboration, car les questions que nous posons font souvent appel à des compétences techniques diverses dont nous avons besoin.

 

4. Qu’est-ce qui vous intéresse le plus dans ce que vous faites comme recherche?

J’ai horreur de m’ennuyer comme en témoignent mes travaux de recherches. En ce moment, j’applique avec plaisir les idées nées de la théorie évolutionnaire aux questions de conservation. Par exemple, le fait de me rendre compte que les populations d’animaux de zoo en captivité évoluent d’une manière qui mène à la domestication accidentelle me fascine. La façon dont les activités humaines modifient les modes de reproduction et de survie (aptitude darwinienne) de la faune est également très intéressante. De quelle manière les humains influent-ils l’évolution de la faune? Ce sont là des questions et problématiques intéressantes que je me plais à examiner.

 

5. Qu’avez-vous en perspective lors de votre deuxième mandat à titre de titulaire d’une CRC?

Mon premier mandat à titre de titulaire d’une CRC m’a vu accomplir un certain nombre de choses, à savoir la création du CEECE, le renforcement de la relation avec le Zoo de Toronto, laquelle a donné lieu à la subvention CRÉER, par exemple. Au cours du deuxième mandat, j’espère que le CEECE s’engagera d’une manière encore plus forte dans le mandat de recherche de l’Université et que nous mènerons sur la scène nationale l’intégration de l’éthique et de la philosophie dans la conservation. Nous devons mettre en œuvre le programme de subventions CREER du CRSNG, ReNewZoo, et veiller à ce qu’il marche bien. J’ai également besoin d’élargir mes travaux pour englober les questions liées à l’extraction des ressources et à l’urbanisation de même que leurs effets sur l’écologie évolutionniste de la faune.

 

6. Parlant de la subvention CRÉER du CRSNG, comment vous aidera-t-elle à approfondir votre recherche?

Le programme de subventions CRÉER est conçu pour faciliter la formation des étudiants de cycles supérieurs et prévoit des fonds permettant d’enrichir leur expérience. Dans le cas présent, c’est un partenariat avec une demi-douzaine d’autres universités, cinq zoos et aquariums à travers le pays, dans le cadre d’un programme appelé ReNewZoo. En somme, ReNewZoo compte de nombreux partenaires universitaires qui superviseront les étudiants inscrits aux cycles supérieurs et participant au programme. Mes propres objectifs de recherche seront favorisés dans la mesure où je superviserai certains des étudiants de ReNewZoo, quoiqu’il faille préciser que le but du programme n’est pas tant de faire progresser mes intérêts dans le domaine de la recherche, mais plutôt de former des étudiants aux cycles supérieurs pour qu’ils deviennent des professionnels de la conservation et soient à même de renforcer le travail que font déjà les zoos et les aquariums. Et comme la subvention pourvoit à 10 autres chercheurs, il va sans dire qu’il y a beaucoup de directions de recherche à explorer.