Le 7 mai, 2026 | 3 minute(s) de lecture
Restaurer les écosystèmes des paysages post-miniers grâce aux pollinisateurs.
Certains se demandent peut-être ce que des abeilles domestiques viennent faire sur un site minier, mais pour un membre du corps professoral de l’Université Laurentienne, le lien est essentiel.
(7 mai 2026) – Certains se demandent peut-être ce que des abeilles domestiques viennent faire sur un site minier, mais pour un membre du corps professoral de l’Université Laurentienne, le lien est essentiel.
Mateus Pepinelli est professeur adjoint à la Faculté des sciences naturelles. Originaire de Jundiaí, dans l’État de São Paulo, au Brésil, il est fasciné par les insectes depuis son plus jeune âge et a parcouru l’Amérique du Nord et du Sud pour étudier l’entomologie. Ses premiers travaux portaient sur les mouches noires, l’un de ses insectes de prédilection, ce qui l’a mené à collaborer avec M. Douglas Currie (Ph. D.) au Musée royal de l’Ontario et l’a conduit, lui et sa famille, à s’installer au Canada.
En 2019, son intérêt pour les abeilles s’est accru lorsqu’il a été embauché pour gérer le projet BeeCSI, financé par Génome Canada. Ce rôle l’a mis en contact avec des apiculteurs du sud de l’Ontario, l’Association des apiculteurs de l’Ontario et des chercheurs de tout le pays. « Cette expérience a fait naître ma passion pour la recherche sur les abeilles, et plus particulièrement, comment comprendre leur interaction avec l’environnement. »
Les recherches de M. Pepinelli portent sur les interactions plantes-pollinisateurs et la manière dont ces relations reflètent la santé des écosystèmes. Ses travaux examinent comment les facteurs de stress environnementaux comme la pollution, les feux de forêt, les produits agrochimiques, les métaux lourds et le changement climatique affectent les pollinisateurs et le calendrier de leur développement. Ces interactions étant étroitement liées à la synchronisation de ceux-ci, toute perturbation peut engendrer des décalages et compromettre la pollinisation.
M. Pepinelli s’intéresse particulièrement à savoir si ces interactions peuvent servir d’indicateurs de la restauration des écosystèmes ou de signes avant-coureurs de stress environnemental. Son objectif est de comprendre dans quelle mesure les efforts de restauration permettent de rétablir les communautés de pollinisateurs et les interactions qui soutiennent les écosystèmes afin de définir de meilleures pratiques favorisant la biodiversité et la santé à long terme de ceux-ci.
Par l’entremise du Fonds de la rectrice pour l’innovation IAMGOLD pour l’investissement stratégique, M. Pepinelli collabore avec l’équipe environnementale d’IAMGOLD, notamment Jessica Tratnik et Geneviève Sultycky. Depuis l’automne 2025, leurs recherches s’inscrivent dans un cadre commun de biodiversité axé sur la restauration post-minière. Ce partenariat a permis l’installation de trois ruchers à la mine d’or Côté, reproduisant un modèle utilisé à l’Université Laurentienne afin de faciliter les comparaisons directes. L’équipe recueillera également des données, comme l’ADN environnemental, pour suivre l’évolution de la biodiversité et des interactions écologiques.
« J’espère que les gens retiendront de cette recherche que les pollinisateurs ne sont pas seulement importants, mais qu’ils sont des indicateurs essentiels du bon fonctionnement et du rétablissement des écosystèmes. » Restaurer les paysages ne se limite pas à replanter de la végétation, mais consiste à reconstruire les interactions qui soutiennent les écosystèmes.
Ce projet de deux ans, qui ne fait que commencer, jette les bases d’un suivi écosystémique à long terme. M. Pepinelli est particulièrement enthousiaste à l’idée de faire participer les étudiants dans la mise en place des ruchers, l’installation des abeilles et la collecte de données, créant ainsi des possibilités d’apprentissage pratique tout en étudiant la façon dont les écosystèmes se régénèrent au fil du temps.
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