
Le 25 juin, 2026 | 4 minute(s) de lecture
Réimaginer les lignes de front : Comment une infirmière formée à l’étranger a fait progresser sa carrière vers le leadership en soins de santé.
Se réimplanter ailleurs, à l’autre bout du monde, s’y construire une vie à neuf est une tâche redoutable. Pour Anisha Goodur Boodhoo, qui a quitté l’île Maurice pour s’installer au Québec, il a fallu s’orienter dans un système de santé peu familier tout en gérant les pressions distinctes que connaissent les professionnels formés à l’étranger. Aujourd’hui, elle est en transition, passant des soins cliniques au chevet des patients à des stratégies de haut niveau, grâce au programme de maîtrise en administration de la santé de l’Université Laurentienne.
(25 juin 2026) - Se réimplanter ailleurs, à l’autre bout du monde, s’y construire une vie à neuf est une tâche redoutable. Pour Anisha Goodur Boodhoo, qui a quitté l’île Maurice pour s’installer au Québec, il a fallu s’orienter dans un système de santé peu familier tout en gérant les pressions distinctes que connaissent les professionnels formés à l’étranger. Aujourd’hui, elle est en transition, passant des soins cliniques au chevet des patients à des stratégies de haut niveau, grâce au programme de maîtrise en administration de la santé de l’Université Laurentienne.
Pour de nombreux immigrants professionnels de la santé, arriver au Canada s’apparente à un parcours semé d’embûches sur le plan professionnel. « M’installer au Québec en étant infirmière immigrante s’est avéré beaucoup plus difficile que je ne le prévoyais, dit-elle. J’ai dû prendre un nouveau départ - m’adapter à de nouvelles normes, de nouvelles attentes et de nouveaux styles de communication. »
Malgré ces entraves, Anisha Goodur Boodhoo, du fait de ses antécédents, apporte un cadre unique au plaidoyer en faveur des patients. À l’île Maurice, les soins de santé sont profondément relationnels si bien que le personnel de chevet a une voix forte et directe. Elle a transposé cette dimension dans ses discussions sur les soins de santé au Canada, en plaidant en faveur de l’autonomisation des infirmières de première ligne.
Ce plaidoyer est devenu intime, personnel, à la suite d’un grave épuisement professionnel face au poids écrasant des pénuries en personnel de soins de santé. Il en a résulté pour elle, infirmière de première ligne à Longueuil, un congé médical de trois mois. Pendant son rétablissement, et grâce à la structure flexible de l’enseignement qu’offre la Laurentienne, elle a été en mesure de poursuivre ses études.
« Étudier et travailler en même temps m’a permis de me reconstruire peu à peu, sans sacrifier ma famille et mon bien-être, confie-t-elle. Cela m’a rappelé que la croissance ne doit pas nécessairement se faire au détriment de la santé. »
Issue d’un milieu éducatif traditionnel, Anisha Goodur Boodhoo s’est d’abord sentie intimidée par l’apprentissage en ligne. Mais, au fil des modules et sous l’impulsion du réseau de pairs, elle en est venue à franchir le cap.
Préparant sa maîtrise en administration de la santé, elle entend entrer dans les salles de conseil où sont arrêtées les décisions de politique sur le personnel, les flux de travail, la sécurité des patients et l’équité.
« Mon épuisement professionnel m’a montré que le problème n’est pas individuel, mais systémique. Je veux être une leader qui écoute, qui comprend les réalités et qui bâtit des milieux de travail plus sains et plus sûrs. »
À d’autres immigrants professionnels de la santé, qui hésitent à poursuivre des études supérieures au Canada, elle conseille la même résilience. Elle les encourage à se fier à leur expérience internationale, à ouvrir le pas même si cela leur fait peur et à se dire que leurs perspectives uniques à l’échelle mondiale font cruellement défaut au sein du système canadien.
« Ce qui m’a le plus marquée à l’Université Laurentienne, c’est bien la dimension humaine qui sous-tend le programme, dit-elle. Plutôt que de ressentir un sentiment d’échec, j’ai pu, grâce à la structure du programme, reprendre confiance en moi, en toute sécurité. L’Université Laurentienne m’a fait sentir que ce parcours est possible. »
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