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Imagerie sismique de roches

Si vous habitez dans le nord de l’Ontario ou du Québec, il se peut que vous ayez vu cet automne quatre grands véhicules s’arrêter tous les deux ou trois mètres et avancer lentement. Ceux-ci font partie d’une étude effectuée par le Centre de recherche en exploration minérale (CREM) de l’Université Laurentienne qui s’insère dans le cadre de l’initiative de recherche sur sept ans, Terre métallique.

Terre métallique est un programme de 104 000 000 $ dirigé par l’Université Laurentienne qui vise à mieux comprendre la façon dont sont formés les gisements minéraux et à mettre au point de nouvelles techniques pour les repérer. Les nouvelles connaissances et techniques favoriseront la durabilité et le développement du Grand Nord tout en affirmant la place du Canada comme chef de file de la recherche en exploration minérale.

Les énormes camions sont des périphériques de transmission munis de petits récepteurs beaucoup moins visibles, à savoir des petits géophones cubiques qui sont placés tous les 25 mètres sur la route à étudier. Travaillant de concert, un peu comme un ultrason, les camions produisent des vibrations allant jusqu’à 40 kilomètres de profondeur dans la croûte terrestre (dix fois plus profond qu’une perceuse normale effectuant un relevé), et les géophones captent les vibrations de retour à la surface. Ces données aident les chercheurs à se faire une image des types de formations rocheuses qui se trouvent dans une région, ainsi que de leur profondeur, de leur grandeur et de leur forme.

Même si les relevés ne produisent pas suffisamment de détails pour repérer les minéraux, les données peuvent servir à cartographier les types de formations et de structures rocheuses pouvant avoir eu une incidence sur la distribution des métaux dans une région quelconque.

Les études de Terre métallique, y compris ces relevés sismiques, donneront un aperçu de l’architecture de la Terre allant de la surface au manteau supérieur. En outre, elles examineront la façon dont les gisements de métaux (minerais d’or, de cuivre, de zinc et de nickel) se forment et migrent vers la surface terrestre tout en permettant de mieux comprendre et distinguer pourquoi les gisements minéraux abondent dans certaines parties de la croûte et se font rares dans d’autres ayant des roches superficiellement semblables. Un avantage économique se rattache à ces travaux, car ils aident à évaluer les richesses minérales du Canada et à réduire les risques pour les équipes d’exploration minière. De meilleurs outils et accès aux données de recherche permettront de mettre l’accent sur les travaux d’exploration dans les régions ayant le potentiel minéral le plus élevé.